lundi 19 mai 2014

Partir pour se retrouver

Nouveau pays, nouvelle culture, nouvelle vie et enfin la tant souhaitée indépendance. Enfin entamer une nouvelle étape de la vie, les fantômes du passé n'étaient plus qu'un vague souvenir. Elle pouvait se réinventer et enfin être celle qu'elle voulait. Tout cela était possible, car elle était loin de tout et tout le monde.Personne pour lui rappeler ses défauts , ses failles, ses pires craintes... La perspective de recommencer une vie, où personne ne la connaissait, était belle. Oublier, oui oublier et se réinventer correspondaient à ses objectifs. Se transformer en femme élégante , sûre d'elle, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, belle,... Certains de ces aspects , elle les avait déjà atteints, mais des moments de doutes la rattrapaient quand confrontée à certains monstres. Pleine d'espoirs et d'attentes, elle entama cette nouvelle voie. L'excitation de la nouveauté l'emportait sur le manque qu'elle restentait, sur le vide qui commençait à s'installer. Nouveaux visages, nouvelles personnalités, nouvelles beautés pour qui craquer, nouvelles pestes à haïr, bref un nouveau monde... Elle commençait à construire un nouveau cercle d'amis, de connaissances et d'ennemis. Rien ne l'effrayait. Elle était devenue la femme qu'elle avait toujours voulue être. Imparable, rien n'était trop lointain, rien n'était impossible... Cependant l'effet de nouveauté se dissipa et le manque, que outre fois était ignorné, la prit d'assaut. Sans prévenir et sans qu'elle s'en apercoive, les sentiments d'impuissance et de tristesse avaient évincé la béatitude, qui s'était installé et qui avait jugé non nécessaire vailler sur ses gardes. Ainsi promptement ses journées passèrent à un malheur immesurable.... Au début, cette profonde tristesse ne faisait face que le soir,lorsqu'elle songeait au fait qu'elle était entouré de personnes,mais se sentait constamment seule. Les larmes coulaient lorsqu'elle se rappelait les conversations inutiles qu'elle avait avec ses proches. Les larmes coulaient, parce qu'avant dormir elle n'avait pas à qui souhaiter bonne nuit. Les larmes coulaient, parce qu'elle n'avait personne qui lui disait de se taire, personne qui se manquait d'elle, personne qui était simplement là... Les nouvelles connaissances même aussi précieuses qu'elles soient, ne remplacent pas les mémoires construites au long d'une vie. Pourquoi se morfondre? Il y avait le téléphone, internet, mais rien ne ressasiait le gouffre creusé dans l'espace de quelques semaines. Les voix des familiers au contraire, ne la rassuraient pas, mais provoquaient une cascade de souffrance. Ainsi le soir, elle s'endormait le visage mouillé, enfoncé dans son oreiller. Indépendamment de la douleur ressentie, elle essayait de continuer, d'oublier, de s'oublier, mais sans effets... Rapidement le seul fait d'évoquer la famille, les amis déclenchaient une avalanche de perles salées... Sans defences, sans port d'abrit, elle se jeta la tête en premier dans le puit de malheur présent dans son âme. Elle s'obstinait à se torturer doucement, à redevenir celle qu'elle condamnait, on essaya de lui jeter une corde pour la remonter, sans effets.... Lorsqu'elle se retrouva à nouveau réunie aux biens-aimés, elle ne pût que constater que ce sentiment de vie ne pouvait pas être comblé.... Une petite voix lui rappelait que ce bonheur était éphémère,fugace, que la souffrance ne tardait pas à venir. Elle détournait le bonheur de cet instant pour continuer à alimenter le douleur croissante. La séparation n'apporta rien de nouvea. Ainsi un voyage qui au début de l'année semblait si prometteur s'est avéré le début de la fin, le commencement d'une chute, la perte de soi pour la noirceur de la solitude.... Heureusement, la vie se charge de la réveiller de ce malheur constant. Des fois, seule la vie peut se charger de donner des claques à ceux qui en ont besoin, seule la vie peut nous ramener sur terre, seule la vie peut nous rappeler qu'on est vivant. Quelle claque lui a été attribuée? Un simple rappel, une claque qui lui rapporta le souvenir de ce qu'elle voulait conquérir en arrivant, ce qu'elle voulait construire et surtout ce qu'elle voulait oublier. Cet avertissement pouvait être attribuer, mais elle seule pouvait choisir de l'accepter. Sans vaciller, elle se releva et admetta ses failles, ses doutes, ses problèmes... Elle admit un simple fait, les douleurs qu'elle ressentit ne furent pas en vain, en effet elle comprit qu'elle dût quitter ceux qu'elle aimait, elle dut partir pour se retrouver, pour retrouver en elle, la femme qu'elle croyait inexistante. Elle comprit alors une leçon vitale, elle aspirait à devenir elle-même.

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